Autrefois, on se réunissait dans chaque village pour confectionner une sorte d’épouvantail fait de bois, de paille, de chiffons, le tout bien arrimé sur une charrette à bras. Puis le cortège mené par les p’tits gars déguisés s’ébranlait le long des rues et quais du port, à grand renfort de cris, de chants et de lamentations pour ce mauvais garçon. Le bonhomme était ensuite jugé « pour avoir tiré bordée ». Après de belles envolées de manchettes, il était condamné. Il devait mourir et être brûlé sur la grève, devant « sa veuve » et ses « nombreux » enfants !! Le soir, un bal endiablé regroupait les personnes masquées, costumées et les autres.

A Cancale, la tradition de fêter Carnaval est plus que centenaire !

Au début du 20e siècle, on « courait carnaval » avant l’embarquement des marins pour Terre-Neuve pour oublier l’imminence du départ. Il était organisé par les jeunes « banquiers » et les appelés au service.

1713, le Registre des Quêtes de la ville mentionne « Reçu le jour de Carnaval la somme de 2 livres 11 sols ».

1839, il faut faire installer des balustrades  pour l’église « avant Carnaval ».

1854, un extrait du règlement de Police est affiché et annoncé par le garde champêtre ANDRIEUX, disant que : « Il est interdit de se déguiser et de se masquer même le jour du Carnaval sans avoir obtenu l’autorisation
du Maire »  

Au début du 20e siècle, on « courait carnaval » avant l’embarquement des marins pour Terre-Neuve pour oublier l’imminence du départ. Il était organisé par les jeunes « banquiers » et les appelés au service.

En 1951, un Comité du Carnaval demande une subvention au Maire. Refus : « pas d’argent pour les pillotous » ! Mais le « Mardi Gras » a bien fait sa promenade dans les rues de la ville jusqu’à la grève de la Ville-ès-Gidoux, accompagné de ses Bigophones…

En 1952 le jeune Comité, présidé par Albert Nicolas, remet ça !

La tête du mannequin fut réalisée en pâte à modeler. Pour le gilet et le pantalon, on utilisa des sacs de jute donnés par Robert Lotelier. Une cancalaise propose des pillots pour faire les parements du paletot. Le « bounhoume » prend alors le nom de Pillotou 1er.

De 1955 à 1960, les chars humoristiques défileront d’années en années et toujours plus nombreux. Tout Cancale se déguise 8 jours avant, 8 jours après, et le lendemain matin les enfants vont à l’école avec le maquillage de la veille.

1961, il y avait encore un Carnaval à Cancale, puis il semble que la tradition se soit arrêtée quelques années.

1981, on retrouve Pillotou dans les rues de Cancale : 28 chars, 2 fanfares, 600 participants, 10 000 spectateurs…

Après quelques années d’interruption, Mimia (Restauratrise au port de la Houle) va ranimer la flamme dans les années 2000 à 2004, le carnaval reprend plus modestement. 


2010, Patrick Martin relance le projet ; l’association du Carnaval de Cancale se crée. 


En 2012 et 2014, sous la présidence de Thierry Guilbert ce fut grandiose !

Données historiques : Caroline Benay-Kerscaven (Responsable de la bibliothèque de Cancale)

Photos : Odile Petit